La banque a dit oui, mais l'assurance de prêt bloque. Plusieurs réponses sont possibles : • un refus ; • un report de la décision ; • une surprime ; • une exclusion de garantie. Cela arrive souvent aux personnes qui ont un problème de santé, et ce n'est pas une impasse : la loi encadre ces situations et prévoit des recours. Les chiffres de cet article viennent des statistiques AERAS publiées par France Assureurs et du rapport 2024 de la commission de médiation AERAS.
Un assureur n'est pas obligé d'assurer. La santé est le motif le plus fréquent : on parle de risque aggravé quand l'assureur ne peut pas vous proposer ses conditions habituelles. D'autres éléments peuvent entraîner une surprime ou une exclusion :
Dans le cadre de la convention AERAS, l'assureur ne peut pas vous imposer à la fois une surprime et une exclusion pour la même maladie (article L1141-6 du Code de la santé publique). Cacher une information n'est pas une solution : une fausse déclaration peut annuler le contrat ou réduire l'indemnisation le jour où vous en avez besoin (articles L113-8 et L113-9 du Code des assurances).
Rarement pour la garantie décès. Les chiffres officiels de 2023 le montrent.
| Statistiques AERAS 2023 | Chiffre |
|---|---|
| Demandes d'assurance de prêt | Chiffre : 2,9 millions |
| Demandes avec un risque de santé aggravé | Chiffre : 224 068 |
| Parmi elles, proposition couvrant au moins le décès | Chiffre : 94,5 % |
| Parmi elles, aucune proposition | Chiffre : 5,5 % |
| Propositions de garantie décès sans surprime (risques aggravés) | Chiffre : 65 % |
| Dossiers examinés au 3e niveau ayant reçu une proposition | Chiffre : 40,3 % |
C'est plus difficile pour l'incapacité de travail et l'invalidité. Source : statistiques AERAS 2023, France Assureurs, publiées en novembre 2024.
La convention AERAS (s'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) s'applique d'office, sans démarche de votre part. Votre demande peut passer par trois niveaux d'examen.
L'assureur étudie votre demande avec ses conditions standard.
Si la demande ne passe pas, elle est transmise à un service médical spécialisé de l'assureur.
En cas de nouveau refus, un groupement de réassureurs peut examiner votre dossier. Ce niveau est ouvert si votre contrat se termine avant vos 71 ans et si l'encours ne dépasse pas 420 000 €.
L'assureur a 3 semaines à partir d'un dossier complet pour se prononcer. La banque dispose ensuite de 2 semaines une fois la proposition d'assurance acceptée, soit 5 semaines au total. Le courrier de l'assureur doit préciser à quel niveau votre dossier a été examiné et rappeler l'existence de la médiation AERAS.
Trois démarches, dans cet ordre :
En 2024, 13 % des médiations recevables ont abouti en tout ou partie, par exemple par un nouvel examen du dossier ou la correction d'une erreur. Le médiateur de l'assurance, lui, traite selon sa charte les litiges liés à un contrat, pas la politique commerciale d'un assureur : il n'est donc en principe pas le bon interlocuteur contre une décision de ne pas assurer.
Plusieurs pistes existent, à combiner selon votre dossier.
La commission de médiation AERAS le recommande elle-même, car chaque assureur évalue le risque à sa manière. Un courtier vous fait gagner du temps : il sait quels assureurs étudient quels profils.
Dans le cadre AERAS, une surprime peut être plafonnée selon vos revenus, et une garantie invalidité spécifique peut vous être proposée quand l'invalidité classique est refusée.
Une autre répartition de la quotité entre co-emprunteurs, ou une durée différente, peut changer la réponse.
La convention oblige la banque à étudier une alternative : caution d'un proche, nantissement d'un placement ou d'une assurance-vie, hypothèque sur un autre bien. Dans les faits, ces solutions sont rarement acceptées.
Vous êtes peut-être dispensé de questionnaire de santé, ou concerné par le droit à l'oubli. Nous l'expliquons dans notre article sur le questionnaire médical.
Le refus de l'assureur porte sur votre risque. Le refus de la banque porte sur le contrat que vous lui présentez quand vous choisissez un autre assureur que le sien. Dans ce second cas, la banque a 10 jours ouvrés pour répondre (article L313-31 du Code de la consommation). Elle ne peut refuser que si les garanties ne sont pas équivalentes à celles qu'elle exige, et son refus doit être écrit et donner tous ses motifs (article L313-30 du même code). Un refus de la banque se conteste en vous appuyant sur sa propre fiche standardisée d'information.
Un refus d'assurance de prêt se règle rarement seul, et rarement chez un seul assureur. Si votre dossier bloque, envoyez-nous la lettre de refus et votre offre de prêt. Nous regardons à quel niveau il a été examiné, quels assureurs peuvent l'étudier et quelles garanties négocier, gratuitement et sans engagement. À lire aussi : les cas de dispense du questionnaire médical et le droit à l'oubli, quelle assurance emprunteur choisir une fois une proposition obtenue, et notre page assurance emprunteur pour les profils avec des antécédents de santé. Assur Est Expertise, Mesut Akbas, courtier indépendant (ORIAS 21006209), 4 impasse des Chardons, 57470 Hombourg-Haut.

Mesut Akbas
Président d'Assur Est Expertise · Courtier en assurance indépendant, IAS niveau 1 · En savoir plus
4 impasse des Chardons, 57470 Hombourg-Haut · ORIAS 21006209 · 07 71 82 20 20
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